Bonjour à tous,
Tout d'abord et pour commencer, bonne fête pôpa ! Pas de raison de faire de jaloux deux semaines après la fête des mères.
Laissez-moi vous conter à présent la suite de mon aventure qui, cette fois-ci, rayonne par le nombre d'embûches que les Dieux m'ont lancés du haut de l'Olympe… Je vous avais quitté la dernière fois sur une phrase qui ressemblait à quelque chose comme "… et maintenant direction Sydney !". Quelle précipitation !
Pour commencer, notre petit séjour à Brisbane s'est plutôt bien déroulé. Le temps de boire quelques bières dans un pub devant la première déculotté du XV de France face aux terribles Blacks néo-zélandais et le "la" était donné pour les jours avenirs. Nous prîmes la route un beau matin pour nous arrêter quelques kilomètres plus au sud à Surfer Paradise. Contrairement à ce que laisse entendre la toponymie de cette localité plantée sur les bords de la Gold Coast, sa popularité ne repose plus aujourd'hui sur la qualité des plages et des vagues, mais sur son nombre de boutiques et sa vie nocturne. Cette ancienne station balnéaire est désormais devenue une jungle urbaine dont les nombreux gratte-ciel en sont le principal artifice. Les conditions climatiques – nous rentrons dans l'hiver – n'étant pas particulièrement favorables, nous nous sommes retrouvés dans une ville des plus sordides ou seuls le vent et l'embrun océanique venaient nous rappeler que nous avions posés les pieds sur une côte jadis enchanteresse. Prenant notre courage à deux mains, nous nous sommes efforcés d'arpenter les rues et de découvrir les aspects cachés de cette localité mais rien de tout ça n'est venu contredire notre première impression. Quelques heures plus tard, nous étions en route pour Byron Bay et la Nouvelle Galles du sud. Là-bas les choses furent radicalement différentes.
Byron Bay abrite Cap Byron, le bout de terre le plus à l'est du continent australien. Comme on peut le lire ou l'entendre ici, le cadre naturel frise la perfection. Les dauphins émergent de l'océan et les baleines à bosse passent à proximité durant leur migration hivernale. Près de 3 000 d'entre elles remontent la côte jusqu'à Hervey Bay où elles se reposent dans ces eaux à l'abri de leurs prédateurs, avant de reprendre leur migration annuelle qui les mène en Antarctique. Et nous avons été chanceux d'apercevoir un spécimen depuis le Cap même si la distance avait de quoi nous accabler. Le baromètre n'étant plus au beau fixe, il nous a fallu dormir le soir dans la voiture...
Le lendemain matin il a vite fallu remettre les pied sur terre. Un Ranger est d'ailleurs venu nous le rappeler en tambourinant à 7h00 pour nous demander de mettre les voiles, soi-disant qu'il était interdit de camper ou même de dormir dans son véhicule sur les terres de la municipalité ! Il a fallu le temps d'émerger et qu'il soit parti pour nous rendre compte que ce con nous avait mit une prune de $ 77 en guise de bonne journée. On peut dire qu'il y a des matins comme ça où rien ne va… Au moment de partir la batterie avait à son tour décidé de nous jouer des tours. Encore une fois, il a fallu aller chercher quelqu'un pour nous sortir de cette poisse qui depuis notre épisode de "la rivière au cours paisible" commence sérieusement à nous acculer. Mais le meilleur est encore à venir. Si si, je vous assure…
Quelques jours plus tard, sur notre route devant nous conduire à Sydney, nous avons essuyés de nouveau un terrible orage. Je crois même que ce dernier mot n'est pas tout à fait approprié. Tourmente, tornade, cyclone, typhon, ouragan ou déchaînement, employez le terme qui vous convient mais une chose est sûre, c'est que le ciel s'est déchiré au-dessus de nos têtes. Des conditions surréalistes que les plus gros budgets Hollywoodiens auraient milles peines à porter à l'écran. Avec une visibilité quasi-nulle et des trombes d'eau venant de je ne sais d'où, il nous a fallu nous arrêter sur le bas côté pour attendre une accalmie qui n'est jamais venue. Il était impossible et tout aussi inimaginable de dépasser le 80 km/h sur cette autoroute devenue une couche d'asphalte détrempée et cachant par endroits de véritables marres d'eau. Le grand frisson assuré pour tous les amateurs de conduite extrême ! Le temps de déjeuner sur le pouce l'instant d'un bref répit, il nous fallu aussitôt faire un crochet à Newcastle (à 120 km au nord de Sydney), pour faire le plein d'essence...
Pourquoi est-ce qu'il prend la peine d'écrire un truc dont tout le monde se contre fou me direz-vous. Je vous l'accorde, je pourrais me dire également "c'est plutôt tiré en longueur son histoire" ou "ça me gonfle de lire la suite. Je vais plutôt jeter un œil à ses photos". Je vous comprends. Si je prend la peine de mentionné cette étape c'est parce qu'à Newcastle nous sommes passé après le coup de tabac et que la ville semblait être en état de siège. Des routes fermées, des bouchons partout, des voitures sous l'eau, des hélicoptères patrouillant dans le ciel, un cargo échoué sur la plage…On se serait cru sur le tournage du dernier Spielberg. Ne me demandez pas comment cela c'est produit, mais c'est en roulant au pas que nous avons finis par crever la roue avant gauche de notre pauvre Mitsubishi. Une fois l'affaire arrangée – je vous fais abstraction de l'épisode où on s'est retrouvé à vider le coffre pour récupérer la roue de secours et a changer la roue elle-même sous une pluie qui s'était mise à redoubler – et le plein de fait, nous sommes repartis en maudissant le ciel pour gagner Sydney au plus vite. Dans notre direction, le trafic était assez fluide mais dans l'autre sens, des bouchons de plusieurs dizaines de kilomètres. Chacun son tour !
Nous sommes donc aujourd'hui bel et bien arrivé à Sydney avec un point commun pour moi et Julien : vendre la voiture au plus vite. Lui quitte le pays le 4 juillet et moi je prend un vol pour Cairns le 5 du même mois pour retrouvé en plus de l'été, Sarah, Laura et Emilie et faire un bout de chemin ensemble avec notamment la descente du "centre rouge". On loge actuellement dans une location à Bondi beach, La plage de Sydney… Une location qui ne nous coûte pas trop chère puisque officiellement je n'existe pas. Un loyer pour deux donc avec en prime un allemand noctambule, un unique radiateur électrique, une météo exécrable et comme il était prévisible, une bonne crève. Pour couronner le tout, en une semaine nous n'avons pas eu un seul coup de fil pour la voiture mais l'heureuse surprise d'avoir deux prunes sur le pare-brise… de $ 128 chacune. Inutile de préciser que l'idée de rejoindre Cairns me réchauffe le cœur. Nous avons toutefois quelque chose derrière la tête pour ne pas avoir à payer les différentes bricoles que nous a offerte cette pu#*¤! de voiture…
Voilà pour l'instant ma situation… Celui qui a dit que la vie n'était pas un long fleuve tranquille à toute mon estime. Sincèrement.
En attendant de meilleurs jours je vous souhaite à tous… un sort différent du mien (toute proportion gardée) !
A bientôt.
Nico.